
Définit comme une « journaliste sportive à talons hauts », France Pierron est devenue une figure incontournable de la chaîne L’Équipe 21. Journaliste polyvalente, elle y est envoyée pour incarner la chaîne mettant en lumière des sports peu médiatisés comme le ski ou l’automobile.
Nous vous présentons souvent comme la « journaliste tout-terrain » de la chaîne L’Équipe. Cette image vous convient ?
Ça me va ! Le meilleur compliment que j’ai pu recevoir c’est d’entendre « Cette nana, elle est à l’aise partout ». Alors, ce n’est pas forcément vrai, mais mon boulot c’est aussi de faire croire que je le suis (elle rit). Par exemple, en janvier dernier, à l’Enduropale du Touquet (course motocycliste, ndlr), on était dans la boue et sous la grêle, ce qui est une horreur pour une femme qui aime être coquette et en talons. Pourtant j’étais là, souriante, et j’ai fait le travail.
Sur Twitter, vous avez lancé le mouvement #shoesofzeday, qui consiste à poster une photo de ses talons avec la Une du journal L’Équipe. D’où vous est venue cette idée ?
Le premier jour où je suis arrivée à L’Équipe, j’étais habillée en fi-fille, en petite robe, petits talons, petit sac à main. Et j’ai débarqué dans une rédaction quasi-exclusivement masculine. Ça m’a marqué ! Je me suis dit : « Je suis la seule gonzesse avec ses petits talons ici. Est-ce que c’est moi qui suis dans le faux, dois-je rentrer dans le moule, ou est-ce qu’il faut que je reste comme je suis ? ». Je suis restée avec ma personnalité ! Du coup, j’ai trouvé ça rigolo de trouver un lien entre les talons, que j’adore, et les titres de L’Équipe. À la base, c’était une petite blague personnelle, mais quand j’ai vu que des sportifs ont suivi le mouvement, j’ai décidé de continuer.
Sur les réseaux sociaux, vous vous présentez comme une « journaliste sportive à talons hauts ». Est-ce une revendication féministe dans un milieu longtemps réservé aux hommes ?
Bien sûr ! Je ne suis pas féministe à ce point mais c’est un petit clin d’oeil. On peut être une femme coquette et aimer la mode, et être tout aussi douée que n’importe quel homme pour parler de sport et de football.